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Énergie au Nunavut

Survol

Le système énergétique du Nunavut est unique au Canada puisque son territoire est le seul parmi toutes les provinces et tous les territoires qui ne dispose pas d’une production énergétique primaire; c’est-à-dire que le Nunavut dépend exclusivement de combustibles fossiles importés pour combler ses besoins énergétiques. En 2012-2013, le territoire a importé 180 millions de litres de carburant. Ceci comprend 44 litres de diesel utilisés pour la production d’énergie, 64 millions de litres de carburant moteur pour le transport, et 63 millions de litres de carburant de chauffage.

Tout le carburant du Nunavut est acheté et expédié en gros durant la courte saison estivale, puis celui-ci est conservé dans des réservoirs dans chaque collectivité. Le ministère des Services communautaires et gouvernementaux, par l’intermédiaire de sa Division des produits pétroliers (DPP), est chargé de fournir, de livrer et de distribuer tous les produits pétroliers. À Iqaluit et Cambridge Bay, les responsabilités en matière de distribution sont externalisées à des sociétés privées, tandis que la DPP a recours aux services de fournisseurs locaux pour toutes les autres collectivités.

L’électricité au Nunavut est produite exclusivement à partir de la combustion de diesel. La Société d’énergie Qulliq (SEQ) est chargée de la production d’électricité dans le territoire avec ses 26 centrales autonomes à diesel qui se situent dans 25 collectivités (deux centrales à Iqaluit). Chaque collectivité du Nunavut dispose de son propre système de production et de distribution d’énergie. Il n’y a pas de réseau électrique de secours.

En plus des 26 génératrices diesel de la SEQ, on retrouve une petite quantité d’énergie renouvelable produite au Nunavut. Cette production comprend un système photovoltaïque solaire de 3 kW au Collège de l’Arctique à Iqaluit, un système photovoltaïque solaire de 10 kW qui sera bientôt installé au centre de loisirs d’Arviat, et un système photovoltaïque solaire de 4 kW qui sera bientôt installé sur le congélateur communautaire de Kugaaruk. Parmi les autres sources potentielles d’énergie renouvelables, citons une éolienne à Cape Dorset et un projet hydroélectrique à l’extérieur d’Iqaluit.

Malgré le déficit actuel en matière de production énergétique intérieure, l’avenir recèle un potentiel important au chapitre des ressources énergétiques traditionnelles et renouvelables au Nunavut. À titre d’exemple, les gisements de pétrole et de gaz qui ont été découverts ont un volume estimé total de près de 2 milliards de barils de pétrole brut et de 27 trillions de pieds cubes de gaz naturel. Alternativement, le Nunavut jouit d’un potentiel considérable en matière de système solaire photovoltaïque. Par exemple, le hameau de Chesterfield Inlet a un potentiel annuel photovoltaïque de 1 158 kWh/kW, ce qui est supérieur à certaines municipalités du sud comme Victoria en Colombie-Britannique et St. John’s à Terre-Neuve-et-Labrador.

 

Coût énergétique

Comme on peut s’en douter, l’importation de carburant vers un si vaste territoire, et à l’intérieur de celui-ci, est une opération coûteuse. À titre d’exemple, en 2012-2013, le gouvernement du Nunavut (par l’intermédiaire de sa Division des produits pétroliers) a importé pour environ 195 millions de dollars de combustibles fossiles. Cet achat initial de carburant et toutes les autres charges d’exploitation de la DPP sont payés par l’entremise du Fonds renouvelables des produits pétroliers, lequel dispose d’une limite autorisée de 200 millions de dollars.

Lorsque le carburant est importé, la DPP le vend à une variété de clients (soit directement ou par l’intermédiaire de fournisseurs désignés). L’un de ces clients est la Société d’énergie Qulliq (SEQ). En 2012-2013, la SEQ a acheté pour environ 42 millions de dollars de carburant aux fins d’électricité. Une autre société territoriale, la Société d’habitation du Nunavut, dépense environ 43 millions de dollars en chauffage et en électricité. Outre les sociétés territoriales, le gouvernement du Nunavut dépense pour fournir de l’électricité et du chauffage aux immeubles appartenant au gouvernement. En 2012-2013, le GN a dépensé environ 21,6 millions de dollars en électricité, et un autre 6,7 millions de dollars en carburant fourni par la DPP.

En plus de ces dépenses en énergie, le GN soutien diverses subventions à la consommation d’énergie. Certaines de ces subventions ont une très grande visibilité, comme le programme de subventions à la consommation d’énergie du Nunavut et le programme de logement social. D’autres subventions sont intégrées dans divers programmes, comme les paiements d’électricité et de chauffage du programme de soutien du revenu. Le coût des subventions à la consommation d’énergie pour le gouvernement du Nunavut s’élève à environ 30 millions de dollars par année.

Au total, les dépenses en énergie du gouvernement du Nunavut et de toutes ses parties liées sont estimées à 338 millions de dollars pour l’exercice fiscal 2012-2013. Considérant que le gouvernement du Nunavut continue de dépendre de combustibles fossiles importés, il est probable que ces coûts augmenteront alors que le territoire sera confronté aux marchés énergétiques mondiaux volatils et aux interruptions imprévues de l’approvisionnement. Les prix énergétiques mondiaux, avec le sommet inégalé de 147 $ le baril de pétrole brut en 2008, sont un exemple parfait de cela. En raison de cette situation, la SEQ avait été forcée de doubler son avenant de stabilisation des taux du carburant en le faisant passer de 6,40 cents/kWh à 12,52 cents/kWh.

Cette réalité posera de nombreux défis pour le Nunavut dans l’avenir. Les dépenses en énergie sont des postes budgétaires non discrétionnaires et, de ce fait, toute augmentation des prix de l’énergie a un impact direct sur le financement d’enjeux prioritaires, comme la santé, l’éducation et le logement.

 

Les Avantages de L'Économie D'Énergie

Il y a plusieurs avantages à réaliser des économies d'énergie. Voici ce que font les Nunavummiut lorsqu'ils réduisent leur consommation énergétique :

  • Économies d'argent – Vous pouvez réduire vos dépenses en chauffage, en électricité et en combustible. Vous pourrez également dépenser moins en frais d'entretien et de remplacement d'équipement énergivore si vous vous en servez moins.
  • Les conséquences sur la nature s'en trouvent réduites et l'environnement est plus sain – Une utilisation réduite de l'énergie se traduit par moins de pollution. Moins de gaz polluants et autres particules fines sont dispersés dans l'air puisqu'il y a moins de combustibles fossiles à brûler pour produire de l'énergie. La nature, l'eau et l'air sont plus propres et plus sains.
  • Changements climatiques – Plus nous utilisons d'énergie et plus nous brûlons des combustibles fossiles. La présence des combustibles fossiles influe sur les changements climatiques mondiaux; ceux-­‐ci font déjà sentir leurs effets directement sur les Nunavummiut. En conservant l'énergie, nous pouvons tous contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre qui ajoutent aux changements climatiques.
  • Une économie qui se porte mieux – Les économies d'énergie se traduisent par des économies d'argent que vous pouvez investir ailleurs; il en résulte une croissance de l'emploi. Lorsque le gouvernement dépense moins pour l'utilisation de l'énergie et les subventions à la consommation d'énergie, l'argent ainsi économisé peut servir à financer d'autres programmes et services.
  • Perspectives d'emploi – Dans l'ensemble, le nombre de possibilités d'emploi augmente, en particulier dans les domaines de la construction, de la fabrication et de la recherche scientifique. Si, notamment, nous construisons des structures plus écologiques et plus efficaces, il en découlera une création d'emplois environnementaux.
  • Entretien réduit des infrastructures – Par suite de la population croissante du Nunavut, notre infrastructure énergétique existante est plus sollicitée. Comme l'infrastructure est plus sollicitée, elle nécessite un entretien accru pour pouvoir continuer à fonctionner. Pourtant, si chacun contribue à conserver l'énergie, il y aura moins de travaux d'entretien à faire sur les installations électriques.
  • Besoin moins pressant d'une nouvelle infrastructure énergétique coûteuse – À mesure que les Nunavummiut augmentent leur consommation d'énergie, il nous faut agrandir notre infrastructure énergétique pour répondre à cette demande accrue. Cela fait grimper les coûts de l'énergie pour les Nunavummiut. Plus nous conservons l'énergie, plus nous prolongeons la durée de vie de l'infrastructure actuelle sans nécessiter d'agrandissement.

 

Programmes et incitatifs

Le gouvernement du Nunavut ne dispose actuellement d’aucun programme ou incitatif en soutien à l’énergie renouvelable ou à la technologie en matière d’énergie renouvelable.

Un soutien pour des projets d’énergie renouvelable est disponible par l’intermédiaire de plusieurs programmes du gouvernement fédéral :

Programme écoÉNERGIE pour les collectivités autochtones et nordiques

Le Programme écoÉNERGIE pour les collectivités autochtones et nordiques 2011-2016 (PECAN) met l’accent exclusivement sur le financement des projets d’énergie renouvelable dans les collectivités autochtones et nordiques. Il est offert par Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC) et s’inscrit dans la série de programmes sur l’énergie renouvelable financés par le gouvernement du Canada et portant sur les mesures à l’égard des changements climatiques.

L’objectif principal du PECAN est de réduire la production de gaz à effet de serre (GES) provenant de la production d’électricité et de chauffage dans les collectivités autochtones et nordiques en soutenant le développement et la mise en oeuvre de projets d’énergie renouvelable. Le PECAN fournit un soutien financier pour les étapes de développement de projets d’énergie renouvelable et pour les étapes d’ingénierie et de mise en oeuvre de projets d’énergie renouvelable intégrés à des infrastructures communautaires.

Pour connaître les exigences d’admissibilité et obtenir de plus amples renseignements, visitez le site Web du programme.

Investissements stratégiques dans le développement économique du Nord

Offert par l’Agence canadienne de développement économique du Nord, le programme Investissements stratégiques dans le développement économique du Nord (ISDEN) axe son action sur la consolidation des secteurs porteurs des économies territoriales et sur la diversification économique, en plus de favoriser la participation des résidents du Nord à l’économie. Il comporte quatre volets : le Programme d’investissements ciblés, le Fonds pour le savoir et l’innovation, les Forums en faveur des partenariats et de la consultation, et un Fonds pan-territorial. Entre 2009 et 2014, le programme ISDEN disposait d’une enveloppe de 90 millions de dollars en contributions, lesquels ont été répartis également entre les trois territoires.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur chaque volet, visitez le site Web du programme.